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Cascarino: Nous parle des diables

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david le rouche
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Cascarino: Nous parle des diables

Message par david le rouche le Jeu 16 Juin - 17:20


Au printemps déjà, Tony Cascarino s’interrogeait sur le collectif des Diables tout en vantant ses individualités.


Le ciel londonien est bleu azur, mais le vent qui souffle sur Londres vient rappeler que le printemps ne s’est pas totalement installé sur l’Angleterre en ce mois d’avril.

Tony Cascarino jette un regard sur la gare Saint-Pancras où il nous a fixé rendez-vous. "C’est un lieu particulier ici pour moi; c’est ici que j’ai pris le train pour aller jouer le premier match pro de ma carrière avec Gillingham à Burnley", explique l’ancien attaquant international qui a ensuite connu Millwall, Aston Villa, Chelsea, le Celtic Glasgow, Chelsea, Marseille, Nancy puis le Red Star avant de devenir l’un des consultants les plus réputés du Royaume.

"Je tiens une chronique dans le Times à Londres, dans le Sun irlandais et je travaille pour Skysports aussi. Je préfère cette vie à celle de joueur." L’Irlandais a en tout cas parfaitement intégré les codes de son nouvel environnement.

Durant une heure, il parsème ses réponses d’anecdotes savoureuses et d’analyses pointues et, avec du recul, presque prophétiques lors qu’il est question des Diables.
"Vous allez probablement être choqués par ce que je vais dire, mais je pense que nous sommes dans un super groupe. La Suède est tellement surcotée; les Nordiques ont un joueur : Ibrahimovic. Cette Italie est la plus mauvaise des 60 dernières années. Je n’arrive pas à me souvenir d’en avoir vu une si pauvre. Après, la Belgique, c’est différent. Il y a tellement de bons joueurs…"


Dont un certain [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

"Je comprends pourquoi Roy a dit cela car Hazard a un talent fantastique à condition qu’il réalise qu’il doive travailler dur physiquement et défensivement, qu’il s’inscrive dans le collectif. Il faut peut-être y voir de la frustration. Il n’y a rien de pire que de voir de grands joueurs capables de faire des choses que vous ne pouviez pas faire, mais qui n’ont pas cette envie, cette faim. Eden Hazard est l’un des trois meilleurs joueurs d’Europe. C’est indiscutable. Cette année, s’il n’avait pas fait une telle saison l’année d’avant, Chelsea l’aurait vendu depuis longtemps. Peut-il être régulier sur la durée comme les grands joueurs peuvent l’être ? C’est la clef pour lui. Mais j’ai hâte de le voir à l’ Euro . Il n’a pas fait grand-chose cette année. parce que le Real Madrid lui a tourné la tête et qu’il savait que Zidane le voulait mais aussi parce que Chelsea a connu des difficultés. Il peut faire un bon Euro . Il ne peut pas se plaindre d’être fatigué; il peut être le joueur de l’ Euro ."

Quel regard porte l’ancien attaquant que vous êtes sur Christian Benteke et Romelu Lukaku ?
"Je comprends ce qu’il s’est passé avec lui à Liverpool. Benteke doit réaliser qu’il doit travailler plus. Son implication n’a rien à voir avec celle d’Origi. Il est grand, fort techniquement, rapide, bon dans les airs : il a tout ! Mais il est trop statique. Il reste passif. Et cela ne marche pas avec Klopp. Il doit bouger. Je n’arrive pas à me souvenir de l’avoir vu tacler un défenseur ! Regardez Costa qui harcèle les défenseurs, Vardy aussi. Kane gagne des ballons. Je n’ai jamais vu Benteke prendre le ballon à un défenseur. J’aurais dit la même chose de Lukaku il y a 18 mois. Maintenant, il travaille très dur. En tant qu’attaquant, plus vous travaillez, plus vous allez avoir des occasions; vous serez en meilleure position à la réception des ballons. Le jeu de Lukaku a changé, il suffit de voir comment il travaille."

Beaucoup s’interrogent sur sa technique…
(Il coupe) "Je ne suis pas d’accord. Il a une bonne première touche de balle. Peut-être que les gens vont croire que je dis cela parce que je suis britannique et que sa première touche ne suffit en tant que Britannique. (sourire) Plus sérieusement, avec lui, la Belgique a une énorme arme. Et Origi, je l’aime beaucoup. Je pense qu’il doit apprendre à devenir un vrai buteur, mais il est tellement généreux dans le jeu, c’est contagieux dans une équipe et les joueurs qui l’entourent en font de même. Comme Hazard, Lukaku est prêt pour être l’un des joueurs du tournoi."

Est-il prêt aussi à retourner à Chelsea par exemple ?
"Il y a deux ans, il n’était pas prêt. Quand il avait 20 ans, il n’était pas assez bon pour être l’avant-centre de Chelsea. Chelsea a eu raison de le prêter car il n’était pas prêt pour être le leader offensif des Blues . À West Brom, il a marqué une vingtaine de buts dont une quinzaine en sortant du banc de touche. Cela a été une super expérience pour lui. Puis il est allé à Everton et a franchi les étapes petit à petit. Maintenant, il est prêt. Je me rappelle qu’à 22 ans, j’étais nettement meilleur qu’à 20 ans. Deux ans d’expérience, c’est très important. Je ne comprends pas que Chelsea l’ait vendu, surtout sans clause de rachat. Comme avec De Bruyne. D’ailleurs, comment Chelsea a-t-il pu le laisser partir, lui, alors que c’est certainement le milieu le plus à l’aise d’Europe des deux pieds et qu’il est nettement meilleur qu’un Pogba par exemple ? Mais, globalement, vous avez d’excellents joueurs. Alderweireld a fait une saison incroyable aussi à Tottenham. Mais la Belgique doit juste fait peut-être attention à une chose : elle a beaucoup de joueurs de talent mais qui étaient aussi dans une zone de confort cette année, comme Vertonghen par exemple qui aurait pu en faire plus."

Tout ce talent a permis à la Belgique de passer six mois en tête du classement Fifa. Est-ce surprenant pour vous ?
"Pas quand on regarde la somme des individualités. La seule question sera de voir comment le collectif va se comporter. Quand on regarde l’effectif, on se dit qu’on aimerait avoir ce joueur ou celui-là. Toutes les nations vous le diront. La seule inconnue reste le collectif : l’équipe sera-t-elle aussi bonne que peuvent l’être ses individualités ?"

Est-elle assez bonne pour vous pour gagner l’ Euro ?
"Vous vous rappelez du Brésil de 1982 qui était le grand favori mais qui n’a rien gagné ? Ma seule crainte pour la Belgique est qu’elle vive la même chose. Comme les Pays-Bas de 1974. La Belgique sera-t-elle cette superbe équipe qui ne gagnera rien ? C’est ma seule crainte. La Belgique me rappelle les Pays-Bas de 1974 qui avaient une équipe extraordinaire. Ou le Brésil de 1982. Peuvent-ils vivre la même chose ? C’est possible… J’ai peur qu’à la fin du tournoi, les gens se disent : ‘quelle équipe formidable mais elle a été sortie en quart de finale ’."


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Cascarino tacle Wilmots


Il n’épargne pas le technicien.
Les critiques qui égratignent Marc Wilmots ne sont pas que domestiques. Contacté au téléphone ce mercredi, Tony Cascarino est catégorique : "Wilmots est votre plus grand problème. Vous avez un tel réservoir de talents, avec des joueurs techniquement doués, mais ils doivent être mieux organisés. Les Italiens ont frustré la Belgique en vous poussant à tenter des numéros individuels. C’est le boulot de l’entraîneur de répondre à ce genre de défis. Vous devez faire tourner votre équipe. La Belgique était trop prévisible et l’Italie était tellement à l’aise. Vous n’avez jamais mis les Transalpins en danger ou presque. Marc Wilmots doit maintenant me prouver qu’il est un manager capable de diriger ce groupe de joueurs. C’est votre plus grand problème."


Collectivement, l’Italie d’Antonio Conte était nettement plus prête…
"Exactement. Antonio Conte a un groupe qui n’a rien à voir avec celui de la Belgique. Oui, il a une défense incroyable qui fonctionne brillamment. Tout le reste de l’équipe a fait son boulot et a compliqué la vie de la Belgique. Cela a fait naître de la frustration dans vos rangs. Marc Wilmots doit trouver la solution. Le plus grand test désormais le concerne : il doit prouver qu’il est un meilleur manager que Martin O’Neill, il doit montrer qu’il a la qualité nécessaire pour diriger ce groupe. Si Conte avait les joueurs belges sous ses ordres, vous auriez battu l’Italie. C’est la différence."

Et vous pensez que Martin O’Neill est un meilleur tacticien que Wilmots ?
"Oui. Mais il n’a pas votre groupe de joueurs. Avec vos joueurs, Martin O’Neill battrait l’Irlande 2-0. Mais parce que votre entraîneur fait des erreurs basiques, vous allez perdre des matches car il faut se comporter en équipe. Il faut apprendre à faire le sale boulot ! Un match, ce n’est pas que marquer de beaux buts. Le talent de ce groupe est gâché alors que joueur par joueur, nous sommes à des années lumières de la Belgique. Nous avons des soucis de blessures avec Walters. Long n’est pas si bon. Nous n’avons pas de Lukaku, de Benteke ou d’Origi. La manière de jouer de la Belgique est faite pour Origi, pas pour Lukaku. C’est tellement évident ! Ou même Batshuayi."


"Garer le bus serait du suicide"

D’emblée, il balaie l’hypothèse d’un revers de main. "Garer le bus serait du suicide face à la Belgique", clame Tony Cascarino, avant de poursuivre sa démonstration: "Si nous avons gagné de la sorte contre l’Allemagne chez nous, nous avons été très mauvais comme cela en Écosse. Pourquoi ? Parce que nous ne savons pas le faire ! En plus, c’est impossible face à un De Bruyne qui a les deux pieds et peut frapper dans la lucarne des 30 mètres ou à un Hazard qui peut éliminer trois joueurs en 30 secondes. Nous devons jouer notre jeu tout en respectant la Belgique. Nous ne sommes pas bons en garant le bus et nous ne l’avons jamais été. C’est culturel : qu’importe le sport, l’Irlande a obtenu des résultats en étant aggressive. Il faut jouer, tout simplement."


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"J’étais maudit contre la Belgique"


Cascarino préfère s’amuser de ce côté chat noir.
Quand nous lui avons exhibé la photo, sa réponse a fusé d’emblée. "C’est Irlande - Belgique à Dublin en 1997, non ?", interroge celui qui avait disputé les 180 minutes de cette double confrontation (1-1, 2-1) avant de poursuivre son récit.
"Le joueur qui me marquait était surnommé Iron Mike , comme Tyson. Mike Verstraeten. Il a fait un bon match parce que je n’ai pas marqué. Je me souviens de ces barrages. Ce match surtout. Irwin avait marqué un superbe coup franc. Nous n’avions pas très bien joué. L’équipe était dans une période transitoire, avec des joueurs lancés par Jack Charlton en 1990 et 1994 et d’autres arrivés avec Mick McCarthy en 1996. L’équipe avait changé et n’était plus aussi bonne. De nombreux joueurs avaient pris leur retraite, d’autres, comme moi, étaient meilleurs auparavant. La Belgique était une bonne équipe."


Qui vous a empêché de disputer une troisième Coupe du Monde après celles de 1990 et 1994…
"Oui, cela a été une grosse déception car je vivais en France, je jouais en France où j’ai connu mes meilleures années. Je repense souvent à Paul Fischer, un défenseur de Nancy. Son surnom était putois. (rires) Il sentait un peu fort et n’achetait pas vraiment de shampoing. Je lui avais procuré des tickets pour le match retour, des entrées VIP à la réception d’après-match et il était venu de Nancy. À la fin du match, il s’était plaint de l’argent qu’il avait dépensé en essence alors que je venais de voir mes chances de jouer la Coupe du Monde s’envoler. (rires) À chaque fois que je pense à ce match à Bruxelles, je pense à lui en train de se plaindre."

Deux ans après, vous marquez 7 buts en 10 matches de qualification, soit la moitié de ceux de toute l’équipe sans que cela soit suffisant pour vous qualifier pour l’ Euro en Belgique et aux Pays-Bas…
"La Belgique a été mon chat noir. J’étais maudit contre la Belgique Vous vous souvenez de Jan Koller ? Quand il jouait à Lokeren, j’ai joué un amical face à lui en présaison. Je l’ai vu avant le match et je me suis dit : "oh! non, pas un gars aussi grand en défense centrale pour un match amical, c’est pas possible" . Puis j’ai vu les compositions d’équipe et il jouait devant. Cela m’a bien fait rire. Il avait été incroyable. J’en ai parlé à un tas de clubs anglais. Personne ne lui a tendu la main en Angleterre. Enfin, tout cela pour dire que tout ce qui a attrait à la Belgique pour moi tourne dans le mauvais sens. Entre Koller, les qualifications…"

Sauf peut-être Michel De Wolf avec qui vous avez joué à Marseille et qui nous a dit que vous étiez extraordinaire…
"Michel, je l’adore. Nous étions ensemble en chambre à Marseille. C’était quelqu’un de très discret. Je l’adore. C’est un grand professionnel, tout ce qu’il faisait était bien. Un bon pro. Il a apporté son expérience sur le terrain mais aussi en dehors. Qu’il parle anglais a aidé; je ne parlais pas français quand je suis arrivé à Marseille. Il a été super avec moi. Et il me couvrait aussi quand je quittais la chambre en mise au vert. (rires) Il a menti pour moi. Il vivait à Aubagne, à côté du centre d’entraînement. Nous allions à l’hôtel le vendredi soir et lui rentrait chez lui plutôt que de rester à l’hôtel et revenait tôt le samedi matin. Je disparaissais aussi. (rires) Un super gars."

Qui nous a parlé d’une bouillabaisse dégustée avec les joueurs et leurs femmes lors d’une soirée à l’île des Embiez où vous avez posé vos dents sur la table.
"Parfois, je fais des choses très stupides. (rires) Il m’arrive de faire des choses inattendues. Je fais juste des choses de temps en temps sans réfléchir, à l’instinct, ce n’était pas très respectueux pour les femmes des joueurs." (sourire)


La France l’a marqué et il a marqué en France

Lorsqu’il signe à Marseille à l’été 1994, Tony Cascarino a déjà 32 ans. En fin de contrat, il trouve un point de chute dans un club relégué en D2 après l’affaire OM-VA et où il aura Michel De Wolf comme équipier. Son arrivée est escortée par une dose de scepticisme qu’il va vite éteindre. Comme il l’avoue dans sa passionnante autobiographieThe Secret life of Tony Cascarino qui a été encensée à raison par les critiques, l’attaquant se découvre un côté égoïste qu’il ne soupçonnait pas et retrouve une seconde jeunesse. En deux ans, il inscrit 73 buts en 120 matches avant de signer à Nancy en janvier 1997 où son rendement restera plus qu’intéressant avant que ses douleurs au genou ne mettent fin à sa carrière dans un pays dont il parle la langue et qui l’a marqué. "Marseille a été spécial pour moi. Étonnamment, je pense en avoir fait plus à Nancy parce que c’est un club plus petit. Mais Marseille a compté beaucoup pour moi. Et quand je les vois aujourd’hui…" expose celui qui, dans le Sud, s’est remarié avant de divorcer et dont un des fils vit toujours en Normandie.

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(Source DH)

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